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16 05 2008 14:44
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surcharge pondérale

Point de vue d´expert :

Prévenir la Surcharge Pondérale chez l'Enfant
par Jean-Philippe Girardet / Dr Thierry Gibault le 30/07/2004

Prévenir la surcharge pondérale chez l'enfant

 

La prévalence du surpoids et de l’obésité infantiles en France a plus que doublé au cours de ces 20 dernières années pour atteindre selon les dernières enquêtes 15 à 20% d’enfants d’âge scolaire. Une fois constituée, la prise en charge de la surcharge pondérale est extrêmement décevante puisque environ les 2/3 de ces enfants conserveront un excès de poids à l’âge adulte. Ces chiffres soulignent la nécessité de mettre en place des programmes de prévention dont l’efficacité suppose de cibler les facteurs sociétaux et comportementaux favorisants ainsi que les groupes d’individus à risque. La prévention doit en effet s’exercer à deux niveaux complémentaires : au niveau de la population générale et à l’échelon individuel.

Au niveau de la population générale

Objectifs : réduire les facteurs favorisants la prise de poids en agissant notamment sur la réduction de la sédentarité, le respect des rythmes alimentaires, et la diminution de la densité calorique de l’alimentation par le biais de l’information du consommateur et de l’éducation nutritionnelle à l’école.

A l’échelon individuel : dépister les enfants « à risque »

Deux principaux facteurs de risque ont été identifiés et doivent être recherchés :

Le premier est l’existence d’une obésité parentale qui constitue un facteur de risque démontré aisément décelable. Environ 60% des enfants obèses ont au moins un de leurs deux parents souffrant de surpoids.

Le second est la précocité de l’âge du rebond de l’indice de masse corporelle qui est probablement un des meilleurs facteurs prédictifs d’obésité. En effet, dabs la population générale d’âge moyen du rebond de l’indice de masse corporelle c’est à dire l’âge où l’indice de masse corporelle est le plus bas avant son ascension jusqu’à l’âge adulte, est de 6 ans, alors que chez l’enfant obèse il est en moyenne égal à 3 ans, et presque toujours inférieur à 6 ans.

Mesures diététiques préventives : pour l’ensemble de la famille

Les enfants à risque doivent avant tout bénéficier d’une alimentation équilibrée, normo calorique pour l’âge, harmonieusement répartie dans la journée, privilégiant le petit déjeuner et le déjeuner, supprimant le grignotage et comportant une répartition optimale des nutriments au profit des glucides complexes et des fibres aux dépens des lipides et des glucides simples. Il est important de souligner que ces mesures pour être appliquées doivent conserver l’ensemble de la famille : ce sont en effet les comportement et les habitudes alimentaires familiales qui nécessitent d’être corrigée car ils sont souvent reproduits et acquis par l’enfant. Par ailleurs, des mesures préventives précoces sont applicables dès les premières semaines de vie aux nourrissons ayant des antécédents familiaux d’obésité. C’est le cas notamment de l’allaitement maternel car la prévalence de l’obésité est plus faible chez les enfants qui ont été nourris au sein. L’éducation du goût est également importante dès l’âge de la diversification afin de favoriser l’habitude de consommer les aliments à faible densité énergétique tels que les fruits et légumes.

Accroître l’activité physique et réduire la sédentarité : ces mesures sont d’autant plus efficaces qu’elles sont appliquées par l’ensemble de la famille, le comportement parental ayant une forte valeur d’exemplarité et d’incitation.

Comment faire manger des légumes aux enfants…En dépit de tout ce que l’on sait aujourd’hui des effets bénéfiques des fruits et légumes sur la santé, leur consommation chez les enfants reste largement en dessous des 5 par jour recommandés un peu partout dans le monde…

Les habitudes alimentaires prises dans l’enfance déterminent fortement celles de l’adulte. La plupart des campagnes axées sur les enfants et les adolescents ont, en définitive, peu d’impact. Une de leurs limites est qu’elles se focalisent plus sur des aspects cognitifs et pratiques que sur des facteurs hédonistes. Or, chez l’enfant, les préférences gustatives sont de puissants déterminants des choix alimentaires et l’aversion, un des principaux obstacles à la consommation de légumes. L’aversion pour un aliment peut se transformer en appétence sous l’effet de l’exposition répétée à sa saveur. On a pu évaluer qu’une série de 10 expositions quotidiennes à un légume non familier augmentait de manière significative le goût et la consommation de ce dernier chez l’enfant.

Chez un enfant l’exposition quotidienne à un légume peu apprécié a des effets favorables en terme de goût et de consommation. La présentation répétée d’aliments nouveaux à des enfants peut transformer le rejet en acceptation. Il a été démontré qu’il ne suffit pas de savoir pour bien faire…Un grand niveau de connaissance nutritionnelle chez des parents n’est pas forcément associé à une grande consommation d’aliments « sains » chez leurs enfants. Paradoxalement, c’est parfois l’inverse. Des études ont montré que la préoccupation des parents par la prévention des maladies s’associait à une faible consommation de légumes chez les enfants ! Il semble même que répéter à un enfant qu’un aliment est bon pour sa santé a plutôt tendance à provoquer un rejet pour cet aliment et…un stress pour les parents. Mieux vaut procéder en douceur et de manière ludique. Demander à un enfant de goûter un tout petit peu d’un aliment rejeté est beaucoup plus efficace que de vouloir lui faire manger une grosse portion.

Jean Philippe Girardet (gastro-entérologue, hôpital Armand Trousseau)

Et    Dr Thierry Gibault

 

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