Sucre et Obésité : Comment choisir avec sagesse ?
Cela fait 30 ans que l’obésité gagne du terrain dans tous les pays, qu’ils soient développés ou en voie de le devenir…
Coïncidence troublante, dans le même temps, aux USA (dont généralement, 20 années nous séparent en terme de santé), l’industrie agro-alimentaire a progressivement remplacé le saccharose par du fructose. Préoccupation de santé publique ? Ne rêvons pas ! La raison de cette substitution est purement économique, le fructose dérivé du sirop de maïs coûtant bien moins cher que le saccharose. Les années 80 ont vu émerger le concept d’index glycémique, popularisé par Jenkins. Partant de ce principe, les aliments riches en fructose ont été considérés comme « peu sucrant » en raison d’index glycémique plus faible que les autres. La réalité pourrait n’être pas aussi belle que le marketing agro-alimentaire l’aurait espéré…
L’explosion de la consommation de fructose :
La consommation de fructose a considérablement augmenté ces dernières années aux USA : sodas, plats cuisinés, condiments, desserts… Le bonheur des uns faisant le malheur des autres, en 30 ans, la consommation de sucre de canne ou de betterave a chuté de 35%. Dans le même temps, celles des sirops de maïs riche en fructose a augmenté de …4080% ! Dans les années 70, un américain moyen en consommait moins de 0,5 gr par jour. En 2003, il en absorbait 53,9 gr. Dans une étude récente, on a montré l’importance des boissons riches en fructose dans le développement de l’obésité chez les jeunes de 9 à 17 ans.
Un profil particulier et des effets sur l’appétit :
Globalement, les réponses générées par l’ingestion de fructose, sont à l’inverse de celles du glucose. Après fructose, l’insuline n’augmente pas, la leptine est réduite et la sécrétion de ghréline n’est pas inhibée. Or, si la leptine diminue l’appétit, la ghréline le stimule.
A apport équivalent en glucose, l’ingestion de fructose favorise la lipogenèse, l’élévation du taux de triglycérides et l’augmentation de l’adiposité. Le fructose pourrait également stimuler la prise alimentaire en diminuant la satiété.
Ne pas oublier la densité énergétique :
Augmenter la durée d’absorption d’un aliment améliore le contrôle glycémique et favorise la satiété. Les aliments à faible densité énergétique contiennent plus d’eau et de fibres. La consommation d’aliments à faible densité énergétique est associée à une réduction de la quantité de calories ingérées. C’est ce qui se produit quand on augmente sa consommation de fruits et légumes. Cependant, pour obtenir une perte de poids, il faut également qu’ils prennent la place d’aliments à forte densité énergétique.
Comment faire en pratique ?
Manger lentement favorise la satiété.
Consommer des aliments à faible index glycémique et c’est souvent ceux à faible densité énergétique : fruits, légumes, céréales, légumineuses.
Actuellement, les Américains consomment trop de sucres ajoutés, pas assez de légumes et, surtout trop peu de fruits par rapport aux recommandations nutritionnelles.
Dr Thierry Gibault
Endocrinologue/nutritionniste
Equation nutrition mai 2005 Retour Experts Retour Archives
|