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12 05 2008 06:23
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soignerla peau

 

Point de vue d´expert :
Soigner la Peau
de l'Intérieur
Source Nutripro Décembre 2007

Soigner la peau de l'intérieur

La peau a la particularité de pouvoir être nourrie de deux manières : la voie locale (topique) et la voie orale (alimentaire puis digestive). Les femmes sont familiarisées avec la première, comme en témoigne une profusion de préparations cosmétologiques et dermatologiques, mais beaucoup moins avec la seconde.

Nos conseils dans le domaine nutritionnel peuvent les éclairer, voire permettrent le dépistage d’erreurs alimentaires expliquant nombre de petits problèmes de peau ; ceci alors que de nombreux soins cosmétologiques ont été tentés et ne parviennent pas à des résultats satisfaisants.

Si, historiquement, ongles, cheveux et peau ont été à l’origine de la description et, même, de la découverte de grands tableaux de carence alimentaire, on s’est, paradoxalement assez peu intéressé aux apports de la nutrition pour prévenir les dommages cutanés ; certaines voies de recherche semblent aujourd’hui apparaître.

Les nutriments de la peau

L’eau

La peau étant un des premiers organes touchés par la déshydratation (signe du pli cutané), il faut sensibiliser les femmes à maintenir des apports en eau suffisants : au moins 1,5 l d’eau par jour.

Les acides gras essentiels : ces lipides, obligatoirement apportés par l’alimentation, contribuent à l’intégrité cutanée et à une bonne hydratation ; en cas d’apports insuffisants, l’eau tend à s’évaporer, entraînant une sensation de sécheresse.

Ainsi, des travaux récents ont porté sur le rôle spécifique de l’acide linoléique : ils montrent qu’il est un constituant majeur des lamelles extracellulaires, sécrétées par les cellules épidermiques et qui forment une barrière à la perte d’eau.

Le fer

Une carence relative en fer (réduction significative des réserves martiales) n’est pas exceptionnelle dans les pays développés, notamment dans la population féminine où le phénomène est aggravé par les pertes menstruelles.

Une fragilité capillaire et des stries unguéales peuvent être des manifestations cliniques d’une carence martiale. La viande rouge, les lentilles, les haricots ou le soja sont des sources usuelles.

Ne pas oublier le foie, qui, un peu passé de mode dans nos habitudes alimentaires, constitue la meilleure source d’un fer héminique hautement absorbable.

Le zinc

Les carences en zinc sont bien connues en dermatologie. Chutes de cheveux, retards de cicatrisation sont des manifestations classiques ; il faut notamment penser à la carence en zinc en cas de lésions péri-orificielles et devant certaines acnés juvéniles.

Le zinc a également des propriétés anti-oxydantes : toutefois, il n’a pas été démontré qu’une supplémentation au long cours avait des effets bénéfiques, si ce n’est en cas de tabagisme ou d’alcoolisme.

La viande, les oeufs, les produits laitiers et les céréales sont les principales sources naturelles. Attention aux procédés de purification industriels qui tendent à l’éliminer ; par exemple, le pain complet en contient significativement plus que le pain blanc.

Le cuivre

Expérimentalement, un déficit en cuivre est à l’origine de défaut de pigmentation ; cet effet serait dû à la présence de cuivre dans les complexes enzymatiques superoxydes-dismutases, qui lorsqu´ils sont inopérants, ouvrent des brèches dans la protection contre les radicaux libres et les peroxydations.

Bien que son métabolisme soit moins connu que celui du fer, ses sources alimentaires sont similaires (foie, légumes secs). Les légumes verts, les fruits et le vin rouge sont également des sources non négligeables.

Le sélénium

Des troubles à type de dépigmentation des phanères sont observés en cas de carence ; ils sont généralement réversibles lors de l’administration de sélénium.

Il faut surtout noter sa participation aux complexes enzymatique anti-oxydants et, à ce titre, il et proposé en association aux vitamines A, C et E, pour lutter contre le vieillissement cutané. Les principaux aliments riches en sélénium sont, par ordre décroissant, les poissons, les oeufs, les viandes et les fromages.

La biodisponilibilité est très variable (de 20% à plus de 80%). De même que pour le zinc, les techniques de raffinage ont tendance à réduire, de manière non négligeable, les teneurs en sélénium.

Les vitamines du groupe B

  • une des premières carences nutritionnelles observées a été la pellagre, due à un déficit en vitamine B3 ou niacine ou vitamine PP. Compte tenu de son abondance dans les produits carnés, les apports sont généralement largement couverts ;
  • de même pour la vitamine B2, que l’on trouve dans les abats, les fruits secs, le lait et les fromages fermentés.
  • la vitamine B5, ou acide pantothénique, a une action bien connue sur la trophicité de la peau et des phanères ; on la trouve dans les même aliments que la vitamine B2, mais aussi dans les légumes secs, les céréales complètes, le chou-fleur…
  • la vitamine B6, ou pyridoxine, régule le métabolisme cutané à partir des protéines. Sa carence entraîne des états hyperséborrhéiques. On la trouve dans les abats, la viande, les fruits secs et les avocats.
  • la vitamine B8, ou biotine, est proposée pour le traitement des alopécies et des dermites séborrhéiques. Elle est présente, naturellement, en grande quantité dans la levure de bière, mais aussi dans les abats, les oeufs, les légumes secs... En cas d’alopécie, la vitamine B5, associée à la vitamine B8, semble donner des effets plus favorables chez la femme que chez l’homme (5)
  • la vitamine B12, ou cobalamines, est, dans notre alimentation, exclusivement associée aux protéines animales ; de ce fait, elle semble impliquée dans les problèmes cutanés rencontrés par le adeptes des régimes végétariens
  • vitamine C : anti-oxydante, elle participe aux mécanismes de régénération cellulaire et de cicatrisation.

Vitamine A

Sa carence entraîne des états de sécheresse cutanée. Il est préférable d’orienter les patientes vers les sources alimentaires classiques : beurre, abats, produits laitiers. En effet, aucune supplémentation médicamenteuse au long cours ne doit être entreprise sans contrôle médical.

Rappelons les propriétés protectrices de la provitamine A (bêta-carotène) contre les rayonnements UV ; on la retrouve, bien sûr dans les carottes, mais aussi dans la plupart des fruits et légumes colorés (jaune, vert, rouge, orange).

Quelques situations particulières

L´alcool : dans les minutes suivant l’absorption d’alcool apparaît un flush cutané, dont la répétition pourrait être responsable des manifestations dermatologiques rencontrées chez les sujets alcooliques : couperose, télangiectasies, hyperhémie conjonctivale, rosacée.

Le tabac : bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler d’un nutriment, il faut rappeler aux patientes les effets délétère du tabagisme : retard à la cicatrisation (notamment en cas de lifting), altérations du tissu conjonctif (formation de rides par ischémie cutanée).

Des perspectives nouvelles

De récents travaux de recherche ont permis d’élucider la physiopathogénie de la sécheresse cutanée. Les sphingolipides semblent au cœur du processus pathologique, car ils sont les précurseurs des lipides intercornéocytaires.

Le rôle de protection de ces sphingolipides est corrélé à leur gradient de concentration dans la peau, puisqu’ils représentent moins de 10% des lipides de la couche basale et près de 30% de ceux de la couche cornée.

Il serait intéressant de savoir si ces substances ont également des effets protecteurs sur des peaux qui ont subi un vieillissement accéléré à la suite d’une réduction pondérale importante.

En pratique

  • Boire beaucoup (eau, tisane, lait écrémé…) tout au long de la journée
  • Manger plus de fruits et de légumes, ainsi que des produits laitiers peu gras
  • Réhabiliter les légumes secs, les céréales et leurs dérivés (pains spéciaux riches en fibres)
  • Varier les apports de graisses visibles : beurre (15 g/j), huiles (tournesol, olive, soja noix, mélanges de graines)

Sources «Soigner la peau de l’intérieur» Site web Nestlé Nutripro

  1. Martin A. et al. Apports nutritionnels conseillés pour la population française. 3ème Ed. Tec & Doc . Paris, 2000.
  2. Hercberg S. et al. Apports nutritionnels d’un échantillon représentatif de la population du Val-de-Marne. Rev. Epidémiol. Santé Publ., 1991 ; 39 : 233-244.
  3. Sandstead H.H. et al. Deliberations and evaluations of approaches, endpoints and paradigms for determining zinc dietary recommendation. J. Nutr., 1996 ;126 : 2410S-2418S.
  4. Nève J. Rôle essentiel et indications cliniques du sélénium. Méd. Hyg., 1993 ; 51 : 741-746.

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