Rapport AFSSA : Consommation des glucides en France
Voici un aperçu du rapport concernant la consommation des glucides en France, édité par l’AFSSA (agence française pour la sécurité sanitaire des aliments)
Consommation apparente de glucides (sucres)
Dans les quinze dernières années en France, la plupart des principaux aliments vecteurs de glucides simples ont vu leur consommation augmenter, à l’exception des fruits, du lait et du sucre de table. C’est en particulier le cas des boissons gazeuses, des jus de fruits, des yaourts et desserts lactés, des biscuits et des confiseries.
La stabilité de la consommation apparente de saccharose (sucre poudre ou morceaux) peut s’expliquer par une compensation de l’utilisation croissante du saccharose comme ingrédient dans les aliments sucrés dont la consommation augmente (sodas et boissons gazeuses, confiseries, desserts lactés, biscuits), par une diminution des achats de sucre de table par les ménages. La consommation apparente de glucose et isoglucose augmente, elle aussi, parallèlement à l’accroissement de la consommation de ces aliments sucrés. Il en résulte une augmentation globale de la consommation de glucides simples. Sur les trente dernières années, la consommation d’aliments vecteurs de glucides complexes tels que le pain ou les pommes de terre a diminué régulièrement mais cette diminution est aujourd’hui nettement ralentie.
Consommation réelle de glucides
Les études nutritionnelles en France sont cohérentes en ce qui concerne les apports glucidiques pour les adultes et les enfants. Les glucides apportent 40 à 43 % des apports énergétiques totaux (AET) chez les femmes et, 38 à 43 % chez les hommes, ce qui est nettement inférieur aux recommandations nutritionnelles issues des apports nutritionnels conseillés et promues par le PNNS2 (50 % des AET hors alcool).
Chez les adultes, l’apport de glucides simples représente entre un tiers et la moitié des apports glucidiques totaux (soit 14 à 21 % des AET chez les femmes et, 12 à 18 % des AET chez les hommes). La consommation de glucides simples diminue avec l’âge.
En proportion des apports énergétiques totaux, les apports de glucides simples sont plus élevés chez les enfants (17 à 23 %) que chez les adultes. Les apports de glucides des enfants en bas âge sont élevés (48 à 56 % des apports énergétiques), en raison notamment de la contribution du lactose.
Enfin, les apports glucidiques ne varient pas de façon nette selon la région.
En France, les principaux groupes d’aliments apportant des glucides complexes sont le pain, les pommes de terre et les produits céréaliers. Chez les enfants et les adolescents, les produits de type « fast-food » occupent une place croissante avec l’âge, en particulier chez les plus faibles consommateurs de glucides complexes. Les groupes d’aliments apportant des glucides simples sont le sucre (saccharose) et ses dérivés (confiserie, chocolat, confiture), les fruits, les produits laitiers et les boissons sucrées. La part des sodas et jus de fruits est plus importante chez les enfants. La part des sodas augmente nettement avec l’âge jusqu’à l’adolescence et la contribution des jus de fruits aux apports de glucides simples est plus importante chez les plus forts consommateurs de glucides simples.
Les comparaisons internationales des consommations alimentaires des enfants montrent que les consommations de glucides complexes sont plus fortes en France et au Royaume-Uni qu’aux Etats-Unis et qu’inversement les consommations de glucides simples sont plus fortes aux Etats-Unis. La comparaison avec un recul de 30 ans entre la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis fait ressortir des différences dans les sources alimentaires des glucides simples dès la petite enfance. En effet la consommation de boissons sucrées est nettement plus élevée dans les pays anglo-saxons.
Plaisir du sucre et comportement alimentaire
Le goût inné pour le sucré est un déterminant important de la consommation alimentaire dès le début de la vie. Il dépend en particulier de l’expérience alimentaire, de l’âge, de la génétique, du sexe et de l’état de la personne. Tous ces facteurs expliquent les différences intra et interindividuelles.
Relations entre glucides, surpoids et obésité chez l’enfant
Les données disponibles pour l’ensemble des pays industrialisés rapportent simultanément une augmentation de la prévalence de l’obésité infantile et des déséquilibres alimentaires flagrants dans une proportion significative des enfants et des adolescents. En France, les données disponibles sont encore peu nombreuses. A Fleurbaix et à Laventie, deux petites agglomérations du Nord, les enfants les plus faibles consommateurs de boissons sucrées en consomment en moyenne autant que les adultes plus forts consommateurs (environ 130 g/j). La consommation de glucides totaux ne diffère pas entre les enfants en surpoids et les enfants minces. L’enquête INCA, représentative de la population nationale, établit que 25 % des apports liquidiens journaliers des enfants proviennent des jus de fruits et sodas. En Alsace, des comportements propices au développement de l’obésité apparaissent liés (grignotage, consommation de produits gras et sucrés ou salés, temps de télévision, sédentarité). La comparaison à 30 ans de distance, des consommations des enfants américains dans les années 1970-80 (étude de Bogalusa) à celle des français en 2000 (étude INCA) est instructive : la flambée d’obésité qu’ont connu les Etats-Unis s’est déroulée dans un contexte où les très jeunes enfants (3 – 4 ans) consommaient davantage de sodas et de confiseries et moins de glucides apportés par les fruits et les légumes (Lioret et al, 2004). Cette comparaison souligne combien la quantité mais aussi la qualité des aliments sources de glucides et la nature de ceux-ci sont à prendre en compte, dès la petite enfance, pour rendre les résultats des enquêtes explicites. La démonstration du rôle spécifique des boissons sucrées est apportée :
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aux Etats-Unis par le fait que l’excès de prise de poids est proportionnel à la consommation de sodas ; la consommation de sodas a été multipliée par 3 en 20 ans et augmente de 200 à 700 kcal/j la consommation d’énergie des enfants et adolescents (Harnack et al, 1999). L’augmentation des volumes des consommations est un fait notable.
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en Grande Bretagne, par la stabilisation du pourcentage d’enfants obèses lorsque des mesures sont prises pour réduire la consommation des seules boissons sucrées pétillantes et diminuer le contenu en énergie des jus de fruits en les diluant dans deux volumes d’eau.
Une consommation excessive de glucides, en particulier sous forme de glucides simples ajoutés, notamment sous forme de boissons, apparaît donc bien en cause dans le développement du surpoids et l’obésité des enfants et des adolescents dans les pays industrialisés.
D’ après le rapport de l’AFSSA
Glucides et santé : Etat des lieux, évaluation et recommandations
Octobre 2004
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