Produits cuisinés et étiquettes : comment orienter les patients
Comment reconnaître en quelques points essentiels si les plats cuisinés que l’on s’apprête à manger est bon pour l’équilibre alimentaire ?
D’après l’INSEE, les produits achetés en hypermarchés sont de plus en plus préparés et représentent aujourd’hui 26% des achats contre à peine 12% en 1970. Il faut dire que dans nos sociétés trépidantes où les principaux membres du foyer travaillent ou sont tous très occupés, les solutions rapides et pratiques pour les repas et les encas sont les bienvenues. Les plats déjà cuisinés remplissent alors les frigidaires et les congélateurs.
On privilégie bien souvent la publicité, la couleur ou l’emballage attrayant du produit choisi. Pourtant, c’est de sa valeur nutritionnelle et de sa composition que l’on devrait se préoccuper. Combien de calories pour 100g ? Quelle teneur en graisses ? Le premier obstacle est lié au fait que ces informations pourtant utiles, ne sont pas au vu de la loi, obligatoires sur les emballages (sauf en cas de « revendications nutritionnelles »).
Ainsi plutôt que de remplir son assiette, poussé par des habitudes, il va falloir déjouer les astuces du marketing. En effet, savoir manger, c’est déjà comprendre ce que l’on achète.
Le nom du produit : il permet d’avoir une idée claire de ce que l’on va acheter. Entre, par exemple une poêlée de légumes et des carottes surgelées nature, le premier produit est cuisiné, donc présente sûrement une certaine quantité de graisses. Il peut aussi comporter des pommes de terre, des lardons…. Au contraire, le deuxième produit n’est pas cuisiné et ne renferme que des carottes.
Plats cuisinés : il faut favoriser ceux qui apportent moins de 160 kcal/100g et une teneur en lipides inférieure à 10g/100g, choisir ceux dont les teneurs en protéines sont supérieure à celles des lipides et qui apportent moins de 1g sel pour 100g.
Les légumes d’accompagnement : il faut favoriser les moins de 70kcal/100g et avec une teneur en lipides inférieure à 4g/100g et en glucides inférieure à 10g/100g. Choisir ceux qui apportent moins de 1g sel/100g.
Les lipides : les plats déjà préparés surtout ceux traditionnels (choucroute…) en contiennent bien souvent un peu trop car les lipides donnent de l’onctuosité au produit final. En tenant compte qu’une simple cuillère à soupe d’huile équivaut à 10g de lipides, il vaut mieux alors privilégier ceux présentant une teneur en lipides inférieure à 10g/100g.
Le sel : le rôle du sel dans certaines pathologies constitue toujours un débat d’actualité, mais on le sait, nous avons tendance à en consommer trop. En effet, la consommation en France est estimée à 12 g/jour alors qu’elle devrait être de 6 à 8g. Un sachet de sel en collectivité, c’est environ 1g et l’on peut donc se référer à cette mesure pour que l’apport en sel ne dépasse pas 1g pour 100g de plat cuisiné ou de légumes.
Le problème des allergies : pour les personnes allergiques, il est facile, du moins d’un point de vue pratique, de bannir certains aliments, tels que le blé ou les œufs, de leur régime alimentaire lorsque ceux ci se présentent sous leur forme entière naturelle. Mais comment être sûr que ces mêmes allergènes ne figurent pas dans certains produits alimentaires préparés ?
Afin d’atteindre un niveau plus élevé de protection de la santé des consommateurs et de garantir leur droit à l’information, la réglementation de l’union européenne a récemment été modifiée. Les ingrédients alimentaires allergènes les plus courant et leurs dérivés doivent être dorénavant figurer de manière transparente sur les étiquettes. Il s’agit :
Des céréales contenant du gluten
Des poissons
Des crustacés
Des œufs
Des cacahuètes
Du soja
Du lait et des produits laitiers, notamment le lactose
Des noix
Du céleri
De la moutarde
Des graines de sésame
Des sulfites
Ces produits sont responsables de plus de 90% de l’ensemble des réactions allergiques. Cette nouvelle directive est entrée en vigueur le 25 Novembre 2003. Les états membres disposaient d’une année pour transposer les dispositions de cette directive dans leurs législations nationales. Les fabricants disposent d’une année supplémentaire pour faire en sorte que leurs étiquettes soient en conformité totale avec ces règles, ce qui signifient que les produits commercialisés devront respecter la nouvelle réglementation à compter du 25 Novembre 2005. Toutefois, les produits mis sur le marché ou étiquetés avant cette date pourront être vendus jusqu’à épuisement des stocks.
« Nutritions et facteurs de risque » N°21 novembre 2005
Damien Galtier, diététicien Retour Experts Retour Archives
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