La nutrition au travail
La nutrition au travail, c’est la couverture des besoins et, la garantie d’une restauration, respectueuses des recommandations formulées par les nutritionnistes afin de maintenir un état de santé optimal.
Le rythme de la prise alimentaire
Une prise alimentaire en trois repas reste à la base de la répartition alimentaire dans la journée. Le temps des repas se trouve bousculé par les cadences de travail et les loisirs. L’élément constitutif majeur qu’est la structure (entrée, plat principal, légumes verts, laitage, dessert) n’est en effet plus respecté par souci de simplification et par manque de temps.
Le petit déjeuner trop souvent escamoté, devrait apporter 20 à 25% de l’apport énergétique. Son absence augmente le risque d’accident du travail dans la matinée. Son remplacement par un casse croûte conduit volontiers à une dérive avec un apport lipidique excessif associé parfois à la consommation de boissons alcoolisées. Le travail en journée réduit la plage horaire dévolue au repas du midi. A l’inverse le repas du soir donne l’occasion à la famille de se retrouver, en prenant le temps de manger de façon d’autant moins bien structurée que l’homme et la femme travaillent. La prise de collation lors des pauses n’est pas nécessaire sauf en cas de travail de force. Dans un tel cas, elle doit être essentiellement glucidique et protéique.
Hygiène sur le lieu de travail :
La règle est de ne pas consommer de denrées sur le lieu même où le travail est effectué et de disposer à cet effet d’un espace ou d’un local à l’écart des machines ou des souillures afin d’empêcher toute contamination et, d’allier alimentation et détente. Il convient donc de suspendre tout travail en s’alimentant.
Le restaurant d’entreprise doit mettre en pratique les recommandations nutritionnelles en proposant des repas équilibrés et structurés. Le restaurant d’entreprise peut constituer un outil pédagogique permettant d’améliorer les habitudes alimentaires par l’exemple en proposant des repas à thème, véritables moments de découverte.
Alimentation et conditions de travail particulières :
La mécanisation a réduit l’importance du travail de force. La généralisation de la journée continue a renforcé la déstructuration des repas comme le travail posté et le travail de nuit.
Les piliers d’une bonne alimentation sont la régularité des prises alimentaires, le respect d’une plage horaire dévolue à l’alimentation de durée suffisante, la consommation d’un repas structuré avec une alimentation variée et l ‘éviction des boissons alcoolisées.
Le travail en horaires décalés : il entraîne une perturbation des horaires et des conditions de la prise alimentaire. Il est réputé être associé à une plus forte incidence de troubles gastro-intestinaux et des troubles du sommeil et à une prise pondérale fréquente.
Les erreurs alimentaires les plus fréquentes : ingestion excessive de lipides et insuffisance de glucides complexes, ingestion de boissons alcoolisées non négligeable, temps consacré aux repas insuffisant, mauvaise répartition des prises alimentaires. Le travail de nuit favorise une consommation plus importante de café et de tabac.
La prise de poids et le surpoids qui affectent plus de 20% des travailleurs peuvent s’expliquer par la fréquence des comportements de grignotage.
La fréquence des troubles digestifs associé au travail posté (dyspepsie, épi gastralgies) est diversement appréciée. Son augmentation pourrait être associée à d’autres facteurs : consommation accrue de tabac, troubles du sommeil, stress au travail, désorganisation sociale…
Pratique en nutrition Janvier – Mars 2005
Dr J-L Schlienger
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