Mangerons-nous un jour comme les Américains ?
Voici un résumé des résultats des enquêtes de surveillance alimentaire américaine.
Un accroissement de l’IMC (indice de masse corporel)
L’IMC moyen des américains a augmenté conduisant à :
Une consommation énergétique qui augmente :
Depuis 1970, la consommation énergétique moyenne augmente chez les adultes et continue à progresser en 2000, surtout chez les femmes.
Chez les jeunes de 1 à 19 ans, la prévalence du surpoids a augmenté, parfois de façon considérable (+26,6% chez les jeunes filles noires), malgré de faibles variations dans la prise énergétique, qui n’explique pas tout.
Les proportions relatives des calories dans les grands groupes de nutriments (glucides, lipides, glucides) ont varié dans le bon sens :
diminution des graisses totales et saturées (respectivement de 36% à 33% et de 13% à 11%
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augmentation des glucides (passant de 44% à 50%)
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stabilité des protéines (14%)
Des améliorations cependant insuffisantes pour satisfaire aux recommandations nutritionnelles nationales (<30% de calories lipidiques et <10% en graisses saturées). En outre, l’augmentation de la consommation énergétique a donné lieu à un accroissement en valeur absolue des graisses totales et saturées malgré leur diminution en pourcentage.
Sel :
21% de la population américaine consomment moins de 2,40g de sodium par jour (recommandations nutritionnelles) et la consommation moyenne de sodium en 2000 est de 3,37g/j.
Sources habituelles : plates préparés, sel ajouté, lait, fromage et viande.
Le taux de sodium étant corrélé avec la consommation énergétique, par conséquent, l’augmentation de la ration calorique a entraîné une augmentation de la ration en sel, également liée à la consommation accrue de plats tout prêts et l’augmentation de la fréquence des repas pris en dehors du domicile.
Calcium :
La consommation de calcium est en diminution : en 1990, la moitié de la population suivant les recommandations nutritionnelles, 10 ans plus tard il n’en reste plus que 30%…
Fruits et légumes :
Le déficit de la consommation de fruits et légumes (source de vit A et C) est patent :
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en 1980, 45% des adultes ne consommaient ni fruits, ni jus de fruits et 22% ne consommaient pas de légumes.
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En 2000, 17% seulement suivaient les recommandations de 2 portions de fruits par jour et 28% celles de 3 portions de légumes par jour.
Les pommes de terre représentent 1/3 de la consommation de légumes et les légumes riches en amidon sont quatre fois plus consommés que les légumes verts ou jaune orange foncés.
74% des Américains devraient améliorer leur alimentation et 16% doivent changer fondamentalement leur comportement alimentaire. Les femmes ont une alimentation plus équilibrée que les hommes.
Les deux grands responsables de ces déséquilibres :
Depuis les années 70, 2 grands facteurs ont contribué à modifier les habitudes alimentaires :
En 1978, 23% des dépenses consacrées à la nourriture l’étaient pour les repas hors domicile, 10 ans plus tard elles sont de 33%. Pour 2020, les projections prévoient une augmentation de 26%. Les fast-foods sont fréquentés par 37% des adultes et 42% des enfants, ils sont à l’origine d’une augmentation significative du contenu énergétique en graisses, totales et saturées, boissons sucrées, ainsi qu’à une diminution en vitamine A, C , légumes, fruits et lait.
Entre 1977 et 1998, le poids moyen des portions a augmenté, passant de :
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49 kcal en plus pour les boissons sucrées
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68 kcal en plus pour les frites (+100g)
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136 kcal en plus pour les cheeseburgers (+200g)
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la contenance des verres de bière a augmenté de 53% et de 22% pour le vin.
Plus de sucres rapides et de grignotages :
Ce qui n’arrange rien, beaucoup d’aliments de faible densité en micro nutriments sont enrichis en sucres rapides, ce qui contribue encore au déséquilibre. Dans les années 90, les enfants scolarisés consommaient près de 20% de leurs calories en sucres ajoutés.
En outre, les habitudes de grignotage augmentent avec le nombre de repas pris hors domicile.
Saurons nous tirer profit de ces connaissances pour faire perdurer le « french paradoxe » ou, tomberons nous dans le même piège que les Américains dans quelques années ?
Dr André Girault
Equation Nutrition Décembre 2004
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