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16 05 2008 15:23
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gérontologie

Point de vue d´expert :

Données de Gérontologie Sociale
par le Pr G. Debry / Marie-Louise Aubertin le 06/05/2004

Données de gérontologie sociale

 

L’évolution démographique confirme le vieillissement des populations de l’Europe occidentale et particulièrement la France qui n’a cependant pas le privilège d’être le pays le plus vieux d’Europe.

L’année charnière du vieillissement de la population interviendra en 2010 où les plus de 60 ans (23%) rejoindront les moins de 20 ans (23,8%) avant de les dépasser de plus de deux points en 2015.

L’espérance de vie continue d’augmenter pour être prolongée de six ans entre 2000 et 2035, passant ainsi de 75 ans à 82 ans pour les hommes et, de 83 à 89 ans pour les femmes.

L’habitude se prend de plus en plus de distinguer 2 grands groupes :

- Les moins de 75 ans qui sont assimilés à l´ensemble des jeunes retraités

- Les plus de 75 ans pour lesquels se posent les questions gérontologiques et gériatriques

  

Il est probable que cette séparation dérivera dans l’avenir vers un âge plus élevé (80 ans) en raison de la poursuite de l’augmentation de l’espérance de vie et de l’amélioration de l’état de santé des individus.

Les 75 ans et plus sont composés majoritairement de femmes, comportant un grand nombre de personnes seules (veuvage), aux ressources économiques plus modestes que chez les plus jeunes.

Les jeunes « vieux » représentent l’âge de la prévention sous tous ses aspects. Même si les règles d’hygiène de vie d’un bon vieillissement sont encore souvent imprécises, les recommandations se font de plus en plus persuasives. Elles concernent l’activité physique maintenue à bon niveau et ses effets bénéfiques sur l’appareil cardio-vasculaire, l’appareil locomoteur, l’équilibre neuropsychologique. La poursuite de disciplines sportives d’endurance (natation, bicyclette, randonnée, jogging…) est sûrement un acteur, sinon de rajeunissement, du moins de ralentissement du déclin des performances. Elle contribue à garder une certaine image du corps, et par la même, facilite la vie relationnelle.

C’est aussi l’âge du développement de la prévention secondaire, liée à l’apparition de la morbidité. Par exemple, le traitement de l’hypertension artérielle fait présager une diminution de la pathologie cardiaque à l’âge avancé, mais aussi des accidents cérébrovasculaires, cause de mortalité mais surtout d’incapacité génératrice de dépendance.

Ils seront plus nombreux mais dans quel état ? Deux théories s ‘opposent actuellement : celle de la pandémie des maladies chroniques et incapacité et celle de la compression de la morbidité. Dans la première, la mort recule mais laisse derrière elle plus d’incapacité (l’espérance de vie augmente, mais pas l’espérance de vie sans incapacité). Dans la seconde, la morbidité est refoulée de plus en plus loin, jusqu’idéalement au terme de la longévité maximum.

Les personnes âgées dont l’âge est compris entre 65 et 80 ans ont généralement une santé et une situation économique bien supérieure à celles de leurs homologues qui vivaient il y a une trentaine d’années. En revanche, un nouveau groupe représentant un nombre important de personnes âgées rassemble celles qui ont plus de 80 ans. Dans ce groupe la dépendance, la perte d’autonomie et la dégradation progressive de la santé créent des problèmes spécifiques.

La malnutrition qu’elle soit par carence ou plus rarement par excès d’alimentation est souvent observée. Les subcarences devraient pouvoir être dépistées précocement mais les signes cliniques sont absents et les indicateurs biologiques encore trop peu sensibles ou spécifiques.

Les excès d’alimentation sont à l’origine de maladies nutritionnelles ou digestives mais ils peuvent aussi favoriser ou précipiter l’apparition de maladies encore infra cliniques telles que le diabète, l’hyper uricémie ou les hyperlipoprotéinémies.

Il n’est pas impossible chez l’homme que les habitudes alimentaires durant la vie puissent moduler la durée de vie puisque que chez les rongeurs elle est prolongée par une alimentation modérément hypo énergétique, hypo protéique et diminuée par une alimentation hyper énergétique et hyper protéique.

La diminution après 65 ans de l’activité des enzymes anti-oxydantes incite à penser que le vieillissement pourrait être, du moins en partie, la conséquence de l’action nocive des radicaux libres. Ces radicaux libres sont des destructeurs des structures cellulaires.

« Nutrition et vieillissement - L’alimentation des personnes âgées »

Pr G.Debry

Marie Louise Aubertin

2004

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