Conseils nutritionnels à donner lors d'une infection
Pourquoi n’a-t-on généralement pas faim lorsque l’on est malade ?
Un organisme agressé, que ce soit par un agent extérieur (virus, bactéries, parasites) ou par une maladie d’organe, déclenche une réaction inflammatoire de défense. Elle permet la mise en œuvre des mécanismes de réparation des dégâts tissulaire subis.
Pour cela, l’organisme a des besoins nutritionnels augmentés et il puise ce dont il a besoin dans ses réserves, notamment dans ses réserves musculaires. On se défend en cassant du muscle, ce qui entraîne une diminution de la force musculaire.
Pour éviter de trop s’affaiblir, il faut donc manger le plus de protéines possible, ainsi vous puiserez moins dans vos muscles. Ce n’est pas si facile quand on a pas faim, aussi faut-il privilégier ce qui est le plus facile à manger (fromage, laitages, saucisson ou jambon, flans enrichis…) et tant pis si c’est gras, le gras permet de manger plus.
Doit on jeûner lorsque l’on est malade ?
Il ne faut pas jeûner (sauf selon avis médical particulier) lors d’une infection. Au contraire, il faut assurer des apports énergétiques et protéiques suffisants. Ceux-ci permettent de ne pas trop puiser dans les réserves musculaires.
Pourquoi et comment manger lorsque l’on est malade ?
Il faut manger d’abord pour nourrir les mécanismes de défense et de réparation, cela évite de trop puiser dans ses muscles. Il faut donc manger pour ne pas s’affaiblir.
Il faut donc manger pour récupérer, c'est-à-dire pour refaire les tissus qui ont été détruits pendant l’agression, notamment les muscles. Il faut des protéines deux fois par jour. Si les repas ne sont pas abondants, il faut faire des collations en plus pour couvrir les besoins énergétiques.
Pourquoi l’alimentation protéique est importante lors d’une infection ?
Lors d’une infection, il existe une réorientation des protéines du muscle vers le foie et les tissus agressés. En effet, lors de la réponse immunitaire, c’est le foie qui produit de nombreuses protéines appelées «protéines inflammatoires» participant à la lutte contre l’infection.
Une alimentation riche en protéines lors de l’infection permet de réduire la perte protéique musculaire et d’assurer une bonne réponse immunitaire.
Comment peut-on trouver ces protéines dans l’alimentation ?
Les aliments les plus riches en protéines sont les charcuteries (20 à 28%), les poissons et les viandes (18 à 20%), les œufs (12%), les céréales (8%), les fromages (10 à 22%) et le lait (3%).
Mais toutes les protéines ne sont pas équivalentes et n’apportent pas les différents éléments (acides aminés) nécessaires. La qualité nutritionnelle d’une protéine dépend de sa valeur biologique (c'est-à-dire de sa composition en acides aminés) et de la façon dont elle est absorbée (c'est-à-dire sa digestibilité). L’alimentation doit amener divers acides aminés, notamment certains qui sont dits indispensables que l’organisme ne peut fabriquer, et ceux qui deviennent indispensables dans les situations d’agression (glutamine). La plupart des produits d’origine animale sont source de protéines de bonne valeur biologique car ils ont la même composition en acides aminés que nos propres protéines. Les protéines animales ont une meilleure digestibilité que les protéines végétales car leurs acides aminés sont plus facilement absorbés. De plus, les protéines végétales manquent toujours d’un acide aminé dont nous avons besoin, et il faut toujours associer 2 sources de protéines végétales (céréales + pois chiche, pain et noix…), ce qui fait que la ration alimentaire doit être plus abondante pour un même apport protéique.
Il est facile d’enrichir les plats en protéines par du lait écrémé en poudre, du fromage râpé, du jambon mouliné…
Quand on n’est pas bien, on a peu faim, et pour manger suffisamment, il faut manger plus souvent. Très souvent on ne boit pas assez, ce d’autant que la diminution d’appétit entraîne une réduction de l’eau apportée par les aliments. Des boissons régulières, tout au long de la journée sont nécessaires.
Dr. SOULIER (K.) - Service de Médecine interne, CHU Hôtel Dieu, Clermont-Ferrand - Nutrizoom N° 20 Mars 2006 - page 8
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