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16 05 2008 14:47
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7 péchés capitaux

Point de vue d´expert :

Les 7 Péchés Capitaux de l'Alimentation Occidentale
par Dr Christian Rémésy le 24/05/2005

Les 7 péchés capitaux de l'alimentation occidentale

 

L’émergence des aliments transformés

Depuis 30 à 40 ans, un ensemble de produits transformés a envahi nos cuisines en remplacement des aliments naturels qui servaient à la préparation des repas. Cela aurait pu être un progrès… si la composition  de ces nouveaux aliments avait été adaptée à la physiologie humaine. Or, la proportion de graisses, de sucres, d’aliments de faible qualité nutritionnelle, a été considérablement augmentée. On mesure aujourd’hui les conséquences de ce bouleversement en terme de troubles du comportement alimentaire et de progression de pathologies de civilisation (surcharge pondérale, diabète, hypertension artérielle, cancers).

Des messages nutritionnels mal assimilés

Pour pallier à cette situation, les recommandations nutritionnelles ne manquent pas. Elles sont cependant beaucoup trop théoriques, voire peu pertinentes et souvent noyées dans un flot de messages publicitaires, centrés sur les vertus d’un aliment particulier ou de quelques micro nutriments isolés. L’environnement alimentaire est peu remis en question. En l’absence d’un cadre réglementaire suffisant pour régir les activités du secteur agroalimentaire, la densité nutritionnelle est peu assurée pour de nombreux aliments. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que les modes alimentaires les plus courants soient déséquilibrés : trop riches en graisses, en sucres simples, en protéines animales et, à l’inverse, trop pauvres en glucides complexes, en fruits et en légumes. Si nos concitoyens s’alimentent mal, c’est à la fois parce que l’offre alimentaire est déséquilibrée et qu’ils ont du mal à assimiler des messages nutritionnels trop dispersés, voire incohérents. Quand le flux des aliments et des boissons entrant dans un supermarché est déséquilibré en terme nutritionnel, il ne faut pas s’étonner que la population en supporte, à long terme, les conséquences sur sa santé. Si les consommateurs ne s’impliquent pas directement par la nature de leur choix, il y a peu de chances que la qualité alimentaire s’améliore…Pour y parvenir, ils doivent percevoir clairement leur statut  nutritionnel et les choix alimentaires que cela implique.

Un patrimoine génétique adapté au milieu

 

En remontant à nos origines de « chasseur-cueilleur », on peut mieux éclairer le consommateur sur la logique du comportement nutritionnel à adopter. Notre patrimoine génétique a été adapté pendant des centaines de milliers d’années au milieu environnant. Notre survie a été l’adoption d’un comportement omnivore, qui a aussi contribué au développement de notre cerveau. En permanence nous avons recherché, d’abord par la cueillette et la chasse, puis par l’agriculture et l’élevage, les produits animaux et végétaux dont nous avions besoin. Nous les avons toujours associés, bénéficiant de leur parfaite complémentarité. Surtout, ils ont été consommés dans leur globalité, si bien que l’énergie apportée était toujours environnée d’un vaste ensemble de micro nutriments.

Sagement, nous aurions pu, tout en développant l’agriculture et en modernisant la distribution, pérenniser notre statut d’omnivore et d’anciens chasseurs-cueilleurs… Nous aurions ainsi parfaitement résolu, avec la maîtrise de la production agricole, la question alimentaire et une partie de l’épineux problème de nos dépenses de santé. Nous ne l’avons pas fait, préférant adopter la voie toute tracée d’un développement agroalimentaire triomphant. Ignorance, facilité, emprise d’intérêts financiers puissants ? Le retour à une situation normale, c’est à dire celle qui correspond à notre statut, sera certainement long et difficile. Cependant, le cap à suivre est clair et nous disposons d’un ensemble d’explications scientifiques convaincantes.

Un nouvel environnement alimentaire

7 paramètres nutritionnels fondamentaux de l’alimentation occidentale peuvent rendre compte de l’apparition des maladies chroniques :

  • une charge glycémique trop élevée
  • un apport en acides gras excessifs et déséquilibré
  • une composition globale en macro nutriments peu adaptée à nos besoins de sédentaires
  • des aliments de densité nutritionnelle insuffisante en micro nutriments
  • des associations alimentaires inefficaces en terme de contrôle de l’équilibre acido – basique ou en terme de maintien d’un apport sodium/potassium physiologique
  • un apport nettement insuffisant de fibres alimentaires

Bâtir une chaîne alimentaire

Pour corriger ces déséquilibres, il faut revenir aux principes fondamentaux de l’alimentation et bâtir une chaîne alimentaire compatible avec le comportement nutritionnel inscrit dans nos gènes. Concrètement, il s’agit d’utiliser l’extraordinaire diversité des produits végétaux en les associant avec des produits animaux et des sources de matières grasses végétales le moins raffinées possible.

  

Pr Christian Rémésy

INRA U3M         Clermont- Ferrand

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